Farming Simulator

Test de Farming Simulator 20 : un problème de positionnement

Nintendo Switch, smartphones et tablettes Android et Apple reçoivent aujourd’hui la dernière mouture de la version mobile de Farming Simulator. Evolution ? Révolution ? Ou déception ?

Farming Simulator version mobile, c’est une longue histoire qui a commencé en 2012. Le principe reste inchangé : proposer aux joueurs une version simplifiée moins axée sur la simulation que sur PC ou consoles de salon. Le jeu se veut accessible à tous les joueurs, les plus jeunes notamment, mais aussi à – presque – tous les mobiles. Il évolue comme son grand frère sur un cycle de 2 ans. Meilleurs graphismes, nouveaux véhicules et environnement, gameplay amélioré, chaque opus garde les fonctionnalités clés du précédent. La franchise se bonifie avec le temps tout en gardant une ligne directrice forte : l’accessibilité.

Un développement sans queue ni tête

Et cette version FS 20 casse totalement les codes précédemment cités. Farming Simulator 19, sorti il y a tout juste 1 an sur PC / PS4 / Xbox One, marquait une avancée majeure dans le développement avec des graphismes très nettement améliorés (quoi qu’on en dise) et des apports sur le gameplay (l’arrivée des chevaux, des grandes maps, des nouvelles cultures…). C’est la force du jeu : tous les 2 ans, on sait qu’on fait marche avant. Pas cette fois.

Farming Simulator 20 a été dévoilé en France cette année à la Paris Games Week. L’occasion de prendre en main une preview sur iPad et sur Switch. Cette version mettait en avant les graphismes du jeu, proche de la version 19. Nous l’avions présenté en vidéo, elle nous avait fait bonne impression. Puis nous avons reçu la version finale sur la console de Nintendo, et les premières questions sont arrivées. Où se trouve le forestier ? Pourquoi ne peut-on plus envoyer un ouvrier vendre des produits aux différents marchands de manière totalement autonome ? Où sont tous les véhicules propres à Farming Simulator 19 ? Pire, où est passé le multijoueur en local ? Vous êtes en train de vous dire que c’est une version simplifiée. Et je vous rappellerai que la Switch dispose de FS 17 en version complète, avec les 2 maps, tout le gameplay, et tout le parc machine. Bref, un joueur Nintendo Switch qui passe du 17 au 20 peut se demander si il ne s’agit pas d’une version de démonstration.

Points clés Farming Simulator 20 :

• Plus de 100 véhicules et outils.
• Des cultures variées : blé, orge, avoine, colza, tournesol, soja, maïs, pommes de terre, betteraves sucrières et coton.
• Élevez vos vaches, moutons, cochons, et désormais chevaux.
• Montez régulièrement les chevaux pour les revendre.
• Nouveaux graphismes 3D pour des machines et un environnement nord-américain plus détaillés.
• Une vue cockpit pour la conduite de vos véhicules, mais toujours pas de vue piéton.

L’accessibilité laissée-pour-compte

Pour les versions smartphone, le problème est ailleurs. Nous avons pu tester Farming Simulator 20 sur 3 devices : Un Samsung Galaxy S6 edge+, un S8+ et un S9. Le premier était un véritable navire de guerre à sa sortie, certes il y a 4 ans. Mais il fait encore tourner en QHD des jeux références tels Real Racing 3. Que dire des 2 autres. Le Galaxy S8+ talonne en puissance brute la Nintendo Switch et sa puce dérivée du nVidia Tegra X1 sur un bench Antutu. Pourquoi parler de puissance alors que c’est un jeu mobile ? Tout simplement parce qu’aucune de ces 3 plateformes n’est capable de faire tourner de manière fluide Farming Simulator 20 avec un aspect comparable à la plateforme de Nintendo, qui bénéficie, elle, d’un jeu stable et d’une qualité graphique constante. Sur mobile, FS 20 décide de lui-même de la qualité graphique à appliquer : dans notre cas faible pour le S6 et moyen pour les S8 et S9. Les lags et autres freezes font penser à un souci d’optimisation, celui-là même que rencontre les utilisateurs de Mac.

Une map sans originalité

Farming Simulator 20 prend place dans un environnement très proche de Ravenport, la carte américaine du 19. Changement majeur par rapport au 18 : le terrain est vallonné. Mais ce qui surprend tout autant sur cette map, c’est son manque de décor : de la terre, des arbres, des points de vente et quelques enclos. Où sont passés pont, falaise, village, cascade et tous ces petits éléments qui donnaient toute cette vie à la carte de Farming Simulator 18 ? Le relief apporté à cette “pseudo-ravenport” a également une autre – lourde – conséquence : les ouvriers ne savent plus aller d’un point A à un point B comme cela était possible. Encore une fois c’est une épine dans le pied de l’accessibilité. Heureusement, les quelques kilomètres carrés se parcourent assez rapidement. Enfin dernier détail, le PDA manque d’information. Il n’est pour l’heure pas possible de zoomer sur la carte, et seuls les points de vente et les enclos des animaux y sont représentés. Il m’a fallu quelques – longues – minutes avant de trouver un point d’eau pour abreuver mes cochons.

Passage en caisse

Parlons un peu du cœur du jeu. Les changements sont semblables à ceux de la version PC, à savoir l’arrivée des chevaux, de l’avoine pour les nourrir, de la culture du coton et du matériel de récolte spécifique. On notera, malgré l’arrivée de John Deere, que seule la récolteuse Case IH est disponible. D’un point de vue ergonomie, la boutique est plus agréable à utiliser avec un classement par catégorie à l’instar d’une version PC. Pour le moment – on verra à mesure des updates – le catalogue du concessionnaire est un peu maigre. A l’exception des 14 tracteurs, on y trouvera qu’une seule ensileuse (la Krone BigX 1180), ou encore 3 moissonneuses (les 3 nouvelles, NH TX 32, Agco Ideal et John Deere T560). On s’aperçoit également en boutique qu’il n’y a  qu’une presse à balle carrée ! Exit donc les balles rondes. Pire, le seul moyen de les transporter, c’est d’utiliser le plateau autochargeur d’Arcusin. L’un ne va donc pas sans l’autre et l’achat de ce “pack” s’élève à 175.000 euros (105000 + 70000) pour le joueur.

Et trouver cette coquette somme n’est pas chose facile. Sur Nintendo Switch, il va falloir travailler dur pour arriver à remplir le compte en banque. Sur iOS et Android, il est possible de passer par la case “Carte bleue” avec de la monnaie bien réelle : 3,19 € pour 1 Million de pièces. Sachant qu’une ensileuse vous en coûtera déjà la moitié… Giants Software semble avoir trouvé un bon modèle économique.

Farming Simulator 20, pour qui ?

Au final, le bilan est mitigé. D’un côté, la version mobile tranche radicalement avec la précédente – on aime ou pas – mais il vous faudra un smartphone performant et récent pour en profiter pleinement, sous réserve qu’une mise à  jour corrige ce défaut de jeunesse. D’un autre, la version Nintendo Switch qui s’adresse plutôt aux nouveaux joueurs de la franchise, FS 17 étant autrement plus évolué sur le plan de la simulation. La question reste donc ouverte sur la légitimité de cette nouvelle version mobile par rapport à sa grande sœur. A suivre.

Les graphismes ne font pas tout.

Note de la rédaction

Cette nouvelle version tranche radicalement avec les précédentes. Reste à voir ce que Giants Software proposera à mesure des updates pour redresser la barre. Pour le moment, la version Switch tire son épingle du jeu avec une expérience stable et des commandes multiples, au pad ou en tactile.

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Bruno Giacobbé

Créateur de simulagri.fr (mais pas que). Joueur de Final Fantasy avant d'être joueur Farming Simulator. Je surveille de près Cattle And Crops et pleure sur le défunt Pure Farming. Je fais également un bain de boue dans Spintire MudRunner entre midi et 2.

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